Recette pour la Paix: comment éviter la Crise Diplomatique du Bol Sale
- CommunicationBienveillanteCNV

- 30 juil. 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 1 sept. 2025

Le Champ de Bataille
Vous entrez dans la cuisine ce matin-là. Scène d'horreur : des bols de lait à l'agonie, des miettes de pain en liberté. Une tornade est passée pendant la nuit! Votre fils de 17 ans a encore ravagé la cuisine avant de se coucher à 3h du matin.
Il a laissé une tasse vide et des miettes de brioche sur le plan de travail.
Quand le Plan A (votre préféré, le seul, l'unique!) foire lamentablement…
Immédiatement et comme instinctivement, vous élaborez une solution, (votre Plan A:) lui dire de ranger et nettoyer tout ça au plus vite.
Hélas, 3 fois hélas, il refuse énergiquement et reste sous sa couette….(avouez que vous vous en doutiez un peu!)
Ingrédient n°1: Prendre conscience de ce qui nous motive, ce à quoi nous aspirons au fond de nous, ce qu'on aime(rait) tant vivre (nos besoins/valeurs).
Devant l'état désastreux de la cuisine, vous réalisez que certains de vos besoins sont particulièrement à vif! Ordre, Propreté…
Et leurs équipiers plus discrets : Soutien, Coopération, Contribution…
Leurs confrères bien dissimulés: Tranquillité d'esprit, et le désir secret de ne pas élever un futur colocataire de l'enfer.
Aussi, au lieu de conclure dramatiquement que votre fils "est un affreux égoïste" et "ne nettoie jamais derrière lui", vous pourriez passer à un plan B : demander à votre conjoint (vous voyez bien que justement, il s'ennuie en ce moment!), ou le faire vous-même, ou attendre que votre fils change d'avis (les miracles arrivent tous les jours!) etc.
Ce ne serait peut-être pas pareil, mais ça ferait le job: avoir une cuisine propre et en ordre, etc.
Ingrédient n°2: Il y a plus d'une façon de combler nos besoins. Ouf. Vous retrouvez du pouvoir sur votre vie!
La stratégie en chef de rang irascible
Le vrai pépin, c'est quand on confond le besoin (le "pourquoi". Ex: s'hydrater) avec la stratégie (le "comment". Ex: "je VEUX CE verre de jus de mangue fraîche, servi dans une chope en cristal par un lama en smoking")…
Plus le besoin est fort, plus notre stratégie devient un chef intransigeant qui hurle : "C'est comme ça et pas autrement !".
Dans la cuisine ce matin-là, vous êtes fatigué.e après une mauvaise nuit et cette situation se reproduit pour la 4ème fois cette semaine. Votre stratégie préférée sort le grand jeu et proclame haut et fort: "Mon fils DOIT nettoyer ça. MAINTENANT!" (c'est pour son bien).
Seul votre ado peut accomplir cette sainte mission, car cette stratégie coche toutes les cases pour vous. Vous n'avez pas les ressources intérieures pour gérer une prise de recul et une introspection, si?
La stratégie-rançon : une recette express de la violence!
Quand on s'agrippe dur comme fer à notre stratégie préférée ("c'est même une question de principe!"), elle se transforme en demande de rançon. C'est comme dégoupiller une grenade ou verser de l'eau dans de l'huile bouillante.
Option 1 : L'ado résiste (comment ose-t-il?). Cauchemar en cuisine et crise diplomatique!
Option 2 : L'ado cède en râlant et en cassant un bol. Il vous en voudra jusqu'à la fin des temps.
Cette perspective binaire limite les options à "lui OU moi". Dans les deux cas, tout le monde est perdant, et ce sont les miettes de la relation que l'on ramassera…
Recette pour la Paix
La solution miracle ? La recette ultime des relations humaines harmonieuses ?
Ingrédient n°3: Dissocier les besoins des stratégies!
Faire une pause et se demander: "OK, au fond, qu'est-ce que cette façon de faire m'apporterait ?" (du soutien, de la propreté… = mes besoins/valeurs).
Et même mieux encore, car c'est indispensable, prendre en compte les besoins de l'autre: "qu'est-ce qui est si important pour lui à cet instant pour qu'il refuse ?" (être autonome, se reposer…= ses besoins/valeurs).
C'est là que la magie opère : en considérant nos besoins mutuels, on se comprend mieux et arrive plus facilement à concocter des solutions acceptables par tous et donc plus efficaces et durables.
Et ça, c'est la paix assurée. Ou presque.



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