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Enfant dyslexique: 5 activités pour l’aider avec l’orthographe lexicale

Mis à jour : 11 mai 2019



Pour écrire avec une orthographe lexicale satisfaisante, votre enfant doit :

  • d’une part bien maîtriser le code phono-graphémique (convertir les sons en lettres)

J’entends le son « O », je peux l’écrire avec les lettres « o, au, eau »…

  • d’autre part, faire appel à son stock lexical (mots dont il connaît l’orthographe par cœur)

J’entends le mot « fame », je sais que ça s’écrit avec les lettres « f,e,m,m,e ».



Voici donc des activités susceptibles d’aider votre enfant à mieux maîtriser le code phono-graphémique et à enrichir son lexique orthographique.


1. L'illustration:

Pour mémoriser l’orthographe des mots utiles, encouragez l’enfant à trouver une illustration (si le visuel l’aide efficacement) ou une anecdote (s’il est plutôt auditif), autour des erreurs qu’il a commises en écrivant les mots initialement. Par exemple, sur le mot patte, il pourra dessiner un animal de profil dont les pattes forment les deux T. Ensuite, lui dicter plusieurs fois ces mots en lui demandant de se rappeler l’illustration ou l’anecdote correspondante. Stocker ces mots avec leur illustration (ou anecdote), dans un carnet à disposition constante de l’enfant.



2. Le mot décortiqué:

Une autre astuce pour l’aider à mémoriser l’orthographe des mots : proposer à l’enfant de bien regarder le mot, de le recopier, en précisant que vous allez ensuite lui poser des questions sur ce mot. Quand il se sent prêt, vous cachez le mot et lui demandez : combien de lettres dans ce mot ? Combien de voyelles, de consonnes ? Quelles sont les lettres « qui montent », « qui descendent » (le L, T, B, D, F etc pour celles qui montent, et G, J, P, Q… pour celles qui descendent) ? Puis l’enfant doit épeler le mot de la dernière à la première lettre. Lorsqu’il est capable de ça, il s’est construit une représentation visuelle et phonologique du mot, ce qui l’aide à le stocker en mémoire à long terme. A réactiver régulièrement.




3. Jeux de mots:

Quelques jeux utiles avec les mots appris ou en cours d’apprentissage : le pendu, les mots cachés à retrouver dans une grille (avec ou sans liste), les mots codés (déchiffrer le code secret !), les messages dans lesquels manquent les voyelles etc.



4. Les 3 sens:

Travaillez et retravaillez l’apprentissage du code, c’est à dire de la conversion des lettres en sons et inversement, avec en particulier les lettres C, G, S qui correspondent à des sons différents selon les lettres qui les précèdent et/ou les suivent (girafe/grand par ex), et les sons F, S, O, È… qui peuvent s’écrire de différentes manières (phare/flan ou aide/mène…). Pour faciliter ce travail, vous pouvez associer systématiquement un geste à chaque son (gestes Borel, par exemple) ; cela combine les composantes auditive, visuelle et surtout kinesthésique, ce qui renforce l’apprentissage.



5. Pâte à modeler:

Toujours dans cette optique de multiplier les modalités perceptives, investissez dans la pâte à modeler : une couleur pour les voyelles, une pour les consonnes ! Vous formez de fines baguettes que votre enfant utilise pour écrire les mots utiles. Vous pouvez prendre des photos que vous imprimez pour les ajouter au carnet de mots, qui sera une matérialisation du lexique orthographique mental de l’enfant : à consulter quotidiennement !



Remarques :


Le choix des mots à apprendre devrait être écologique, autrement dit, les mots les plus fréquents devraient être prioritaires. Il existe des listes de mots classés par fréquence d’utilisation en fonction de l’âge ou de la classe…


L’aspect ludique des activités est primordial pour susciter la motivation de l’enfant, qui apprend ainsi beaucoup mieux.


Stratégies compensatoires :


Renforcer son orthographe, c'est utile, certes, mais parfois, les difficultés sont si importantes et la lenteur des progrès si décourageante qu'il vaut mieux aussi mettre en place des moyens permettant de contourner le problème, dans un but d'efficacité.

Quels sont nos objectifs avec cet enfant dyslexiques? Nous voulons qu'au bout du compte, il puisse communiquer par écrit a minima dans son quotidien, mais pas forcément qu'il devienne un pro de l'orthographe et de l'écriture, d'accord?

Sachant que de nos jours, il existe de nombreux outils technologiques permettant de faciliter les échanges écrits, autant les mettre à profit et soulager l'enfant dyslexique (et/ou dysgraphique), qui pourra ainsi investir son énergie dans le fond et non plus presqu'exclusivement dans la forme de ses écrits.


Voici donc mes suggestions à ce sujet:


Apprenez-lui dès que possible à taper ses textes à l’ordinateur, et grâce au correcteur orthographique, il pourra ainsi se focaliser sur ses idées, sur le sens de ce qu’il veut écrire, en étant moins gêné par l’orthographe et le geste graphique.



Apprenez-lui également à utiliser la dictée vocale de vos appareils (ordinateur, tablette, smartphone), telle que Siri ou Dragon Dictation par exemple. Cela lui facilitera la tâche, tout en nécessitant une relecture pour vérifier qu’il n’y ait pas d’erreur. Là encore, l’objectif est de permettre à l’enfant de réserver son énergie et son attention au fond plutôt qu’à la forme.


Dans tous les cas, une prise en charge orthophonique personnalisée à long terme est nécessaire pour aider l’enfant à garder confiance en lui, à se sentir soutenu et à développer suffisamment de stratégies spécifiques pour s’adapter et réussir au mieux dans son parcours scolaire.

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