Auto-empathie pour les orthophonistes

Professionnel de santé prenant soin de lui en pratiquant l'auto-empathie

Ou comment prendre soin de soi à tout moment — de manière autonome ou accompagnée — pour traverser des moments difficiles comme pour célébrer ce qui va bien dans notre vie !

L'auto-empathie apaise, transforme, transcende, illumine, avive, régénère, ressource, reconnecte. L'auto-empathie, processus simple et holistique, réharmonise notre mental, nos émotions et nos élans de vie.

C'est un outil fondamental pour l'être humain et en particulier, le professionnel de santé, qui tel un pompier sur une zone d'incendie ou un parent dans un avion en détresse, prend d'abord soin de lui pour pouvoir mieux prendre soin d'autrui.

Deux fonctions de l'auto-empathie

L'auto-empathie a deux fonctions :

  • Dans une situation intense, ce processus permet un apaisement profond et une ouverture vers un changement aligné avec nos valeurs d'être humain.
  • En entretien régulier, il contribue à élever notre seuil de tolérance et accroître notre capacité à gérer les difficultés. En reprenant la métaphore de la cocotte-minute de d'Ansembourg : pratiquer l'auto-empathie quotidiennement agrandit la cocotte-minute de nos ressources internes, avec une soupape plus efficace.

La recette en 5 étapes

Voici la recette simplifiée à travers un exemple concret :

Étape 1 — Je décris la situation objectivement, sans interprétation, analyse, jugement…

La directrice de l'école Les Myosotis a refusé de laisser mon patient venir en consultation sur le temps scolaire.

Étape 2 — J'écoute mon mental envahi de pensées, jugements, arguments (soupape ! On dit aussi « laisser pisser le chacal »).

Punaise, ça fait deux fois qu'elle me fait le coup, j'en ai marre ! Quelle perte de temps et d'énergie ! C'est à croire qu'elle se fiche du bien-être des élèves !

Étape 3 — J'observe et j'accueille mes émotions et ressentis corporels à ce moment précis.

Je sens la tension familière de mes trapèzes, et une sorte de barre douloureuse au niveau de mon plexus… je garde mon attention sur elle, je l'accueille sans vouloir changer quoi que ce soit…

Étape 4 — Je me relie à mes valeurs humaines, mes besoins, mes élans de vie.

Je prends conscience de l'importance de faire le meilleur usage de mon temps et de mon énergie, je réalise à quel point j'aime la coopération entre professionnels au service des enfants, et combien j'aime l'harmonie et l'efficacité dans mon travail… Je reste un moment avec ces valeurs, comme un bain de jouvence.

Étape 5 — J'imagine une action qui va dans le sens de ces valeurs, ne serait-ce qu'un tout petit pas.

Je vais appeler cette directrice pour essayer de comprendre sa perspective et ce qui est important pour elle.

Bon, il arrive que les étapes ne suivent pas un chemin linéaire et que mon mental me ramène à l'étape 2 de temps en temps… alors je suis, j'écoute, je traduis, je me relie… jusqu'à un espace en moi où je sens un relâchement, une détente, un « shift ».

Voilà, la magie opère ! Je savoure cet état de présence totale à moi-même, à cette expérience, à la vie en moi. Et je passe à l'étape 5 pour concrétiser ce shift dans le réel.

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