Bégaiement

Le bégaiement est un trouble de la communication qui se manifeste notamment par des perturbations de la parole, par une fuite du regard, la focalisation sur la forme et non sur le fond de l’échange, par des mouvements accompagnateurs (renverser la tête…)…

L’origine n’en est pas connue

– anatomique : toujours en cours de recherche…

– héréditaire : le caractère héréditaire est avéré mais on transmet des modes de caractères. Leurs expressions se révèlent d’autant plus qu’ils sont déjà présents chez les parents.  ON NE NAIT PAS BEGUE.

– psychologique : pourquoi la parole est-elle investie par tant d’effort et de volonté ? La réponse est probablement donnée par la psychanalyse.

La constitution du bégaiement est tout à fait connue ainsi que les étapes possibles de sa construction. La théorie des Malfaçons de LE HUCHE l’explique de façon claire, concrète, jamais démentie par les personnes bègues.

S’il est complexe, le bégaiement n’est pas mystérieux.

La naissance du bégaiement

On ne naît pas bègue, on construit son bégaiement.

Le bégaiement naît des EFFORTS qu’on fait ou qu’on a faits pour éviter les bégayages en se battant et en poussant sur les mots qui ne veulent pas passer. Ces efforts deviennent une habitude puis un REFLEXE.

Cette habitude demande beaucoup d’énergie et plus la lutte pour éviter les bégayages augmente et plus le bégaiement s’accentue.

Qu’est-ce qu’un bégayage ?

C’est un  » accroc  » passager de la parole (arrêt, répétition, blocage) face auquel le sujet se détend. Cette détente est un réflexe. Il est présent dans toute parole normale. Or ce réflexe de détente aux moments des bégayages est absent lors du bégaiement et est remplacé par une tension importante avec poussée sur les mots.

Cette forte activité à l’encontre des bégayages provoque le bégaiement.

L’attention du sujet se détourne alors vers cette entreprise laborieuse du contrôle d’exécution de la parole en oubliant peu à peu son interlocuteur et sa propre idée (ou sentiment ; ou simplement ce qu’il a envie de raconter). Quitte à trahir même cette idée par une parole qui sera plus facile à dire.

Cette  » désorientation  » du rôle de la parole est responsable des anomalies de communication de la personne qui bégaie. La réalisation parfaite de la parole devient un but alors que normalement la parole est un outil au service du langage.

La parole parfaite n’existe pas

Toute parole contient des imperfections ou bégayages qui témoignent d’ailleurs le plus souvent de ce que l’on veut vraiment dire. Et plus on manifeste leur présence et moins ils sont directement perçus comme des accrocs mais plutôt comme des éléments enrichissants le discours. Ce sont les joyeuses contradictions du langage.

Il n’y a pas de honte à bégayer. Mais une grande souffrance :

– à ne pas pouvoir partager ses sentiments

– une inquiétude de  » comment la parole va-t-elle sortir ? « 

– à se sentir différent

– à ne jamais parler de ses difficultés

– à s’identifier à sa parole bègue.

L’interlocuteur, s’il est prévenu du bégaiement ne se soucie pas du bégaiement et n’a pas de jugement péjoratif s’il est averti de la difficulté de parole.

Les 6 malfaçons de François Le Huche:

1 Inversion du réflexe de décontraction

2 Perte du caractère spontané de la parole

3 Perte du comportement tranquilisateur

4 Perte de l’acceptation de l’aide

5 Perte de l’auto-écoute

6 Perte de l’expressivité

Ces pertes permettent de fournir de l’énergie au réflexe de  » poussée  » sur les mots. Elles sont à l’origine des difficultés relationnelles croissantes de la personne bègue ou de la méprise relationnelle de son entourage.

 

Ainsi, le bégaiement est source de souffrance à long terme, c’est pourquoi il est capital d’aider la personne et en particulier l’enfant le plus tôt possible.

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